Vous en avez marre de l’agilité, vous aussi ?

Vous en avez marre de l’agilité, vous aussi ?

byevan.boissonnot Juin. 06, 2018, Agilité Qualité logicielle
Vous en avez marre de l’agilité, vous aussi ?

L’agilité en veux-tu, en voilà ? Une entreprise souhaite rassurer ses clients, alors qu’elle est à du mal à comprendre le changement en cours : hop, elle utilise l’argument « je suis agile« . Une entreprise ne comprend pas pourquoi ses projets ne fonctionnent plus, pourquoi elle a un turn-over important : elle dégaine la cartouche « agilité ».

Au début, ça paraissait bien, ça fonctionnait bien : l’équipe avait le sourire, tout le monde y croirait.
Les clients étaient intrigués, et crurent au changement.

Et puis, ce qui devait arriver arriva, l’agilité, mise sur un piédestal, descendit de sa montagne, entraînant tous les espoirs d’un changement positif dans sa chute.

Mais comment on en est arrivé là ? Comment maintenant on a l’impression d’être gavé de cette agilité, alors qu’elle paraissait aussi bien sur le papier ?

La culture d’entreprise, cette oubliée

On a beau vouloir un changement, on a beau vouloir espérer que tout change d’un seul coup, dans la vie réelle d’une entreprise, ce n’est pas comme ça que ça passe !

Qu’est-ce qui peut empêcher à ce point que tout se fasse rapidement dans une entreprise ?
Oui, vous avez trouvé vous aussi la raison ? C’est la faute de cette maudite culture d’entreprise.

Elle a d’abord des avantages, mais plus le temps passe, et plus elle devient un vieux mammouth qui empêche que tout aille vite.
Cette culture permet à chaque entreprise d’être unique, pourtant. Elle lui permet de fédérer les personnes, dans un grand but commun.

Oui, ça c’est sur le papier.

En fait, plus une entreprise grandit, plus il est difficile d’avoir une culture d’entreprise unique.
Et plus elle grossit, plus chaque changement prend du temps, surtout si la culture ne l’a pas prévu initialement.

Il ne sert donc à rien de décréter un changement dans une entreprise, il faut le vivre, et surtout, ô grand surtout, les salariés doivent adhérer à ce changement.
Tout le monde n’accepte pas le changement aussi vite. Certains de toute façon le refuserons catégoriquement, c’est dans leur nature.

Allez alors dire, et imposer que l’entreprise devienne agile, et vous verrez les boucliers se lever contre vous, à une vitesse éclair !

L’agilité ne se décrète pas, elle se vit

Ainsi, il est beaucoup plus facile de créer une entreprise, et d’instaurer une culture agile, plutôt que de décider qu’une entreprise, par exemple vieille de 20 ans, sera agile dans deux semaines.

L’agilité, ça se vit, et ça se ressent.

Vous saviez que l’agilité à son manifeste, c’est à dire une charte commune, qui dicte des grandes principes ?
Oui, des principes, vous avez bien lu, pas :

  • des ordres
  • des obligations
  • une check-list

Un état d’esprit, une philosophie

Si l’on est aujourd’hui gavé de l’agilité, c’est que le mot a été usé, et abusé ! Tout le monde est agile, toutes les entreprises sont devenues agiles !
Même les banques seraient agiles, maintenant, plus proche de leurs clients ? (car, avant, elles ne devaient pas l’être ??)

Ne pas faire la guerre avec ses clients : vive la collaboration

C’est sûr lorsqu’on lit : collaborer avec les clients, dans le Manifeste Agile, « check », c’est bon, je parle avec mes clients, je collabore, moi, voyons.
Et certaines entreprises n’ont pas cherché plus loin …

Que veux dire Collaborer ? Mettre en place un processus Achat, qui va faire la guerre des Prix, c’est collaborer ?
Une entreprise est-elle capable d’avoir confiance envers ses clients ? Vraiment confiance ?

Arrêter se cacher derrière les outils et les processus

Privilégier les individus, plutôt que les processus cadrés ? Bon c’est bon celui-là aussi, on le fait, non ?
Mais une entreprise est-elle réellement capable de faire confiance à ses salariés, de les laisser travailler en réelle autonomie ?

  • d’instaurer une culture de l’erreur ?
  • de ne vraiment pas flicker ?
  • est-elle capable de mettre en place tout un environnement pour que l’erreur aide à l’amélioration continue de l’entreprise ?

N’avoir qu’un seul et unique indicateur : le produit, l’entreprise qui fonctionne

Trop souvent, on va se cacher derrière une documentation. Les échanges, les remontrances seront autour de la qualité de la documentation …

Un plantage en production ? C’est la faute de la documentation, donc de ceux qui produisent !
Et si on arrêtait de penser faute, mais amélioration déjà ? « On fera mieux la prochaine fois« , c’est faisable dans votre entreprise ?

Et puis, tout change aujourd’hui, il est presque impossible de faire un plan qui ne changera pas

Comment alors vouloir chercher à créer des projets et à les planifier via des outils comme MSProject, sans les changer constamment.
Du coup, on cherchera alors à empêcher le changement, plutôt qu’à l’accueillir !

Oui, et accueillir un changement, l’accepter, même au dernier moment, ça demande une entreprise très structurée, qui sait réagir, et sait comment réagir face à chaque changement.
Tips : non le mode panique ou le mode rush ne sont pas de bonnes solutions

Un bouc émissaire trop souvent utilisé

Vous l’aurez compris, il s’agit d’un vrai travail de fond pour créer une entreprise agile.

En fait, on ne dit pas qu’une entreprise est agile, elle le devient naturellement après un travail constant, et progressif pour s’améliorer tous les jours vers une vraie agilité.
On ne naît pas agile, on le devient, pourra-t-on dire ! L’agilité devient alors la conséquence, et non le but.

Et quand ça ne fonctionne pas, lorsqu’un projet n’atteint pas sont objectif, qui accuse-t-on ? L’agilité, bien sûr.
C’est la faute à l’outil voyons, ce n’est pas la faute à la personne qui utilise l’outil.

Chaque outil a sa fonction, certes. Chaque outil a aussi son mode d’emploi.
Et c’est là, où c’est plus difficile avec l’agilité : il n’y a pas un vrai mode d’emploi !

Ce sont en fait des recommandations. Et même si on le cadre en utilisant le framework Scrum par exemple, ou en faisant de l’eXtrem Programing, cela ne fonctionnera pas de prime abord !
Il est nécessaire d’avoir la culture agile, d’avoir comme principe que:

  • les équipes sont autonomes
  • l’erreur est salutaire, si elle sert à s’améliorer
  • la confiance est réelle et sincère entre les membres de chaque équipe, dans l’entreprise

 

Arrêtons de prendre l’agilité pour ce qu’elle n’est pas : non ce n’est pas le Saint Graal, ni le Messie ! Avant tout, il existe des femmes et des hommes, pensons à elles et à eux, qui travaillent, qui connaissent leur travail !

 


Vous l’aurez compris, je milite pour redonner tout son sens à l’agilité, à la vraie agilité.
Allez, la prochaine fois, je parlerai de bienveillance … tout un programme !

 

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