Le changement, c’est maintenant ? Découvrons une nouvelle valeur du manifeste agile

A la question : le changement … c’est ? Nous avons tous et toutes quasiment le même réflexe, répondre :  c’est maintenant.
Et pourtant nous allons voir ensemble que le changement, oui, c’est important, oui, nous devons l’apprécier, c’est aussi un autre slogan …. #teasing.

Passer d’un monde monolithique …

Vous me ferez un cahier des charges s’il vous plaît ? Un bon, un gros cahier des charges. Et surtout, n’oubliez rien dedans hein ! Car sinon, je vous congédie !
Ca vous rappelle quelque chose ?

Le cahier des charges, saint graal ?!

En informatique, et dans beaucoup de métiers d’ailleurs, le cahier des charges est LE document officiel qui permet de valider le démarrage d’un projet.
Ah pardon, j’ai oublié un autre hyper important qui est lié, et souvent son remplaçant : le devis

On n’a dieu que pour lui, on ne pense qu’à lui.

Souvent un fournisseur dira : hmm vous avez un cahier des charges ? Je ne travaille qu’avec un cahier des charges !

Et le client de répondre : oh oui, j’en ai fait un rien que pour vous, c’est bon on peut travailler ensemble ?

La minute historique

Dans ma première entreprise, NETil, on a toujours cherché à travailler en agilité avec nos clients. On ne souhaitait donc pas travailler avec un cahier des charges.

Or, si l’on n’avait pas le cahier des charges, on avait… rien d’autres. Le client se croyait décharger de toute responsabilité, tout travail à effectuer pour faire avancer son projet !

Et donc, pour tous les clients qui ne voulaient pas travailler en agilité, en réelle agilité, nous avons mis un mur de protection devant eux : le cahier des charges.

Un contenu important, un contenu exhaustif

Or, construire un cahier des charges ça ne décrète pas, ça s’apprend ! Réussir à décrire les besoins au plus précis, ce que l’on attend exactement est … difficile et souvent impossible.
On doit le réaliser le plus clair, le plus exhaustif !
Et … ça prend du temps ! Tellement de temps !

Du temps qui file, des besoins qui ne changent pas ?

Et durant tout ce temps, surtout aujourd’hui, on pense que durant tout ce temps de rédaction du cahier des charges, les utilisateurs ne vont pas avoir des besoins qui vont changer.

Et l’on se trompe ! Oh que l’on se trompe !

Il est fini ce temps du monstre cahier des charges monolithique qui ne bougera pas durant les 2 ans de mise en place de l’application (voir plus pour certaines applications).

Bouclier juridique

Et puis, nous voilà, comme dans mon exemple chez NETil, à nous protéger.

En fait, nous sommes en guerre face à notre client. Et le cahier des charges est notre château fort. Il va nous protéger quand tout va mal se passer.
Car, on le sait non, tout doit mal se passer .. et ce n’est surtout pas de notre faute en plus !

Et si nous cessions de construire des châteaux forts juridiques ? Et si nous acceptions le changement même dans la construction du cahier des charges ?

… à un monde qui change, tout le temps

Détruisons les barrières qui s’opposent à une vraie collaboration avec notre client. Vous vous souvenez : le client n’est pas roi, nous ne sommes plus au temps féodal !

Et acceptons d’abord que tout change, tout change, et tout va changer. Et de plus en plus vite.

La minute historique

Chez NETil, nous avions répondu à un appel d’offre d’un gros client. Nous avions gagné ce projet. Cet appel d’offre s’était basée sur l’analyse d’un cahier des charges réalisé par le client.
Cela leurs avait pris 2 ans pour le rédiger ! OK OK, admettons qu’il soit bien réalisé, qu’il soit clair et que l’implicite ait bien été tué
Nous avons démarré le travail de production, et dès le démarrage, le client nous annonce : en fait le cahier de charges ne vaut plus rien, on va devoir en reconstruire un avec vous ! #WTF

Le changement, c’est maintenant !

Donc, nous allons accepter que le changement c’est maintenant, et c’est tout le temps.

Comment fait-on pour s’adapter à ce changement ?

confiance client
Photo by Fancycrave on Unsplash

Une des pistes proposées par le manifeste agile, et j’ai bien dit piste, j’ai pas dit méthode (screugneugneu! :)) :

Sur le papier, ça donne envie, n’est-ce pas ?

Et en fait, ça fonctionne … uniquement si l’entreprise est prête.

Avoir une culture du changement

Et ici, on touche du doigt le point le plus important. On a beau dire, je suis agile, je suis agile, j’aime le changement. Si autour de soi, personne ne l’aime …. si la culture du changement ne fait pas partie de la culture de l’entreprise, du client, de la culture d’entreprise du client …

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Photo by Kira auf der Heide on Unsplash

Et bien, on est mal barré  

Smile

Ainsi, je vais amener, (ça y est, oui, vous avez tenu tout l’article pour lire cette information, bravo ), une correction à la phrase : le changement c’est maintenant.

Nous allons plutôt dire : le changement ça s’apprend !

Le changement ça s’apprend

Vous qui me lisez depuis un bon moment maintenant, vous savez que je suis un état d’esprit, une philosophie, un art de vivre même : Kaizen !

Je vous rappelle l’idée :

Kaizen, c’est l’amélioration continue en réelle ! On ne parle plus de faute, mais d’essai, d’apprentissage (apprendre par tâtonnement, par réussite / échec)

Alors, plutôt que d’imposer que votre entreprise aime le changement, plutôt que l’imposer à votre client :

Co-apprenez à changer, à accepter le changement !

Comment ? (et oui, on est chez evan le concrétiseur tout de même !)

  1. En faisant des itérations courtes
  2. A chaque fin d’itération, on analyse ce qui a été fait de bien, et ce qui pourra être améliorer l’itération prochaine
  3. A chaque début d’itération, on cherche à mettre en place au moins une action de changement à tester, travailler
  4. Et on itère,
  5. Et on itère !

Alors, prêt-e, pour le changement ? Alors apprenez à l’apprécier .. continuellement

Smile

Vous voilà devant une fenêtre, et flûte, elle est fermée. Non, je suis certain qu’elle était ouverte, je suis arrivé-e par là, vous vous dites.
Vous essayez de sortir, bing, la fenêtre. Vous réessayez, bing, encore la fenêtre. A gauche, à droite, rien n’y fait.
Vous avez beau persévérer, vous voilà prisonnier-ère ! Vraiment ? Sortons ensemble du théorème de la mouche.

Être persévérant-e, une vraie qualité

A la base, persévérer dans une action, un projet, tant que l’on n’y arrive pas, c’est bien ?
C’est une vraie qualité.

Prenons l’exemple des résolutions de début d’année.
Beaucoup en font, peu les réalisent.

Je vous rassure, je ne suis pas là pour vous critiquez, mais avouez que la plupart du temps les résolutions que l’on prend, et bien ….

Ce sont de belles intentions, mais rien de concret n’en sort.

Je vais arrêter de fumer, je vais faire du sport une fois par semaine, j’arrêterai de râler, ….

Tiens, en parlant de faire du sport une fois par semaine.
On a bien envie d’y croire qu’on va réussir, mais … au bout d’un mois ou deux, ça devient vite saoûlant. Et puis, j’ai mal à ma cheville, je suis fatigué-e, ….
On a vite pris le pas d’arrêter, et de remettre à l’année prochaine ce dont on espérait tant réussir cette année.

Cette fois-ci, je vais réussir

Alors comment réussir cette fois-ci ?
Et bien cette fois-ci, vous allez être persévérant-e. Vous allez résister, insister. Même si c’est difficile, même si par moment vous allez avoir des coups de mou.

Selon le Larousse, être persévérant-e, c’est être doué-e de persévérance. Et bien vous avez bien fait de venir lire mon article, n’est-ce pas !
Ce que l’on lit juste après cette superbe définition, c’est :

Persévérant, il finira par réussir.

On note ici cet avantage que l’on a, selon le Larousse, à être persévérant-e : c’est l’une des clefs vers le succès. (Rien que ça !)

Plus sérieusement, voici la définition de persévérer :

Demeurer ferme et constant dans un sentiment, une résolution : Persévérer dans une recherche, dans une erreur.

C’est une vraie qualité, une valeur forte.

theoreme mouche

Pousser à l’extrême

Alors pourquoi se mettre à la critiquer cette bonne vieille persévérance ? Elle n’a l’air d’avoir que du bon, non ?!

OK, reprenons l’exemple en introduction. Bien entendu, vous n’allez pas réagir comme ce que j’ai décrit, si ?
Je décrivais ici le cas d’une mouche.

Que fait la mouche quand elle rentre chez vous ?
Elle se colle à votre fenêtre et cherche tout le temps à sortir. Elle va tester à droite, à gauche, encore à droite, ah non, un peu à gauche, … ah non, tiens, elle va essayer un peu plus haut.
Vous l’aurez remarqué, ça peut paraître bien con une mouche, surtout quand ça veut sortir.

Pourtant si elle avait bien regardé, vous êtes en train de vous dire, elle aurait vu, elle aurait découvert le Grand secret : la fenêtre n’est même pas fermée !

 

Un manque de recul – Savoir disrupter un système

En fait la mouche est victime d’une de ses plus grandes qualités (en plus d’avoir la capacité de ne pas réussir à se faire attraper).

Elle insiste, insiste, sans se dire : hey, et si je prenais un peu de recul ? et si je sortais de mon système en deux dimensions (abscisses, ordonnées) pour aller voir si je peux pas sortir ailleurs.

(Je vois déjà venir les passionnés d’animaux, d’insectes : heu, mais si, elles y arrivent quand même à force les mouches à sortir. Je tiens à les rassurer : vous avez bien raison. Mais ici, c’est un exemple caricatural, pour l’image).

Réussir à ne pas être trop persévérant-e devient alors une qualité.
Tout est d’ailleurs souvent dans la mesure, l’équilibre.

Exemple : quelqu’un qui s’entête dans une idée trop longtemps est vu comme têtu, celui qui assume ce qu’il sait est vu comme obstiné ou bien avec de l’assurance.

 

Des aides pour s’en sortir

Heureusement, nous ne sommes pas des mouches ! Si si, je vous assure !

Et l’on peut éviter de tomber dans le théorème de la mouche au travail, à la maison.
Comment ?

La règle du demi

Si vous appliquez plusieurs principes que je vous proposais dans les 5 astuces pour gagner du temps, du blog Parent Entrepreneur, vous avez découvert la Loi de Parkinson.
Cette loi vous propose de fixer des délais serrés pour s’obliger à faire les choses dans ce temps écourté.

Maintenant que vous l’appliquez, appliquer la règle de demi : si vous avez prévu deux heures pour une tâche, faite une pause après une heure.
Et demandez-vous :

Ça fonctionne très bien dans des périodes où vous avez un problème à résoudre : une recherche compliquée, un algorithme à faire où vous bloquez, une étude compliquée où vous buttez, un puzzle où vous n’arrivez pas à trouver une pièce, …

Il existe d’autres techniques … je vous en parlerai dans de prochains articles, de prochaines vidéos.

 


Vous l’aurez compris, être persévérant-e est une très grande qualité, valeur. Mais appliqué-e jusqu’à l’absurde nous fait devenir des mouches.
Et vous, vous réagissez comment quand vous avez un problème ? Vous persévérez jusqu’à y arriver ? Tout le temps ?